Mettre en question la mobilité à l'heure du Corona #2

Marie-Line Dhooge
8 avril 2020
Numérisation, Innovation
L'épidémie du virus COVID19 nous oblige à réduire notre mobilité privée et professionnelle au minimum. Ce changement radical nous donne l'occasion de réfléchir à nos habitudes de mobilité et à la façon dont elles pourraient changer à long terme.

2008

En 2008, j’ai commencé mon enseignement secondaire à Anvers. Tous les jours je prenais le train de Kapellen pour rejoindre l’école. C’était un grand changement pour moi vu qu’auparavant j’avais toujours été à vélo à l’école.

Ma nouvelle route se composait d’une demi-heure de train suivi d’une promenade d’à peu près un quart d’heure. Chaque jour, mon frère et moi espérions que le train ait du retard pour qu’on puisse rater les premières minutes du cours barbant de géographie, d’histoire ou de maths. On était chanceux, vu que, comme vous le savez sans doute, le transport public en Belgique n’est pas optimal ce qui veut dire que notre scénario de rêves s’est réalisé à plusieurs reprises.

2011

Cette année-là, la ville d’Anvers a annoncé qu’elle lançait une nouvelle plateforme de vélos à partager nommée Velo. C’était la première fois qu’une initiative pareille soit lancée à Anvers et, le succès n’y manquait pas. Tout le monde voulait à tout prix obtenir un abonnement, il y avait même une liste d’attente.

Quelques années plus tard, j’ai réussi à enfin obtenir mon abonnement et la réalité de la plateforme n’était pas tout à fait comme je m’y étais attendue. Chaque fois que je voulais prendre mon vélo, j’avais l’impression de jouer un jeu de roulette Russe. Parfois mon vélo avait un guidon non-fixé, parfois la chaine tombait, parfois les pédales manquaient et de temps en temps, quand j’étais vraiment chanceuse, mon vélo marchait parfaitement.

2018

En 2018, j’étudiais à Bruxelles et je vivais avec des amis. Cette année était pour moi la première année ou j’ai vraiment utilisé toutes les plateformes de mobilité différentes qui avaient été lancées. Mes colocataires et moi adorions utiliser Scooty pour se rendre sur le campus et de prendre un UBER pour nos sorties. Pour être tout à fait honnête avec vous, on devenait un peu paresseux. Une promenade de 15min se faisait remplacer par un trajet Scooty de 2min et une visite au super marché se faisait remplacer par une commande Deliveroo.

Par contre, quand on a vu la note à la fin du mois, nous avons déchanté et nous nous sommes très vite rendus comptes que ces services étaient tout sauf bon marchés. Toutes les ‘petites’ notes de €4, €5 et €10 additionnées s’élevait à un montant exorbitant comparé à nos rentrées d’étudiants.  Nous avons repris les transports publics pour nos déplacements.

2020

Dans l’environnement actuel de la mobilité, les possibilités semblent illimitées. Poppy, Lime, Bird, Scooty, Cloudbike, UBER etc… sont quelques exemples de solutions qui sont à notre disposition au jour d’aujourd’hui. Personnellement, j’ai réussi à trouver un meilleur équilibre entre les transports publics, me déplacer à pied ou à vélo et l’utilisation des services supplémentaires comme des plateformes de partage.

On peut dire que les choses ont bien changé et évolué depuis le lancement de la plateforme « VELO » ...

Portrait Marie-Line-Dhogge

« Ces temps particuliers nous obligent à trouver des alternatives et à repenser la mobilité telle que nous la connaissons. »

Marie-Line Dhooge, Management Trainee

Et quand même, aujourd’hui, nous sommes tous forcées à ralentir

Par cause du virus COVID19, les rues sont vides, plus d’embouteillages, plus de trains bondés, plus de réclamations sur les délais et plus de précipitations. Les gens travaillent de la maison, ils passent plus de temps en famille, ils vont se promener et font rendez-vous avec leurs amis par Skype (le fameux skypéro). La convivialité est plus présente que jamais en cette période de confinement.

Tout cela me fait réfléchir à propos de la question suivante : Combien et quel type de mobilité est vraiment nécessaire ?

Mon opinion est qu’une bonne offre de mobilité peut rajouter beaucoup de valeur à notre vie. Elle permet de maintenir les contacts sociaux, de gagner du temps et  rend tout plus accessible. Et nous devrons apprendre à se remettre en question et penser à une mobilité plus consciente et solidaire.

Est-il vraiment nécessaire de se déplacer à l’étranger pour une réunion ou pouvons-nous l’organiser par vidéo ?

Devons-nous prendre le scooter pour aller au magasin ou pouvons-nous y aller à vélo ?

Ces temps spéciaux nous forcent à trouver des alternatives en mobilité à celles que nous connaissons aujourd’hui.

A quoi ressemblera la mobilité du futur ?

L’avenir de la mobilité m’intéresse, non seulement en cette période particulière que nous traversons    mais également par mon implication dans l’équipe de  mobilité  Baloise. Comment allons-nous nous déplacer dans le futur ? Quel rôle pourra jouer Baloise dans le nouvel environnement de mobilité du futur ? Les mois passés, notre équipe à fort travaillé pour mieux comprendre les besoins de mobilité et nous essayons de développer des solutions qui peuvent y répondre.

Il y a quelques mois, lors de la préparation de l’étude des tendances en mobilité, notre équipe rigolait du fait que la mobilité n’existerait plus dans le contexte professionnel dans le futur. Les solutions digitales, les espaces virtuels et d’autres solutions rendent le déplacement physique inutile pour pratiquer son boulot. Et aujourd’hui c’est notre réalité ! Pour toujours ? – Non, mais un grand changement se fait actuellement. Serons-nous uniquement en route pour nos déplacements privés dans le futur ? Et comment allons-nous nous déplacer ? On devient de plus en plus conscients du climat, mais voulons-nous coller à notre voisin dans le bus en temps de Corona ? Prédire le futur est impossible mais on remarque que les opportunités se présentent pour trouver de nouvelles solutions.

Le futur à l’air plus sûr qu’au paravent

Les développements en Chine suite au Corona virus nous offrent certaines idées sur le futur de la mobilité. Cela nous montre que le déplacement individuel est préféré au déplacement en groupe. Le nombre de passagers qui utilisent les transports publics diminue. Les services tels UBER souffrent et les services qui nous permettent de conduire nous-mêmes (pensez à Poppy) gagnent en popularité. Tous ces sujets sont suivis de près par notre équipe Mobility @ Baloise.

Repenser la mobilité

Ce que les collègues suisses ont à dire