Corinna Fröschke
5 octobre 2017
Équilibre vie professionnelle / vie privée, Modèles de temps de travail flexibles
Une société, un emploi, deux collaboratrices: et pourtant, il n’y a aucun arriéré, tous les accords sont respectés et il y a toujours une interlocutrice sur qui les clients peuvent compter. C’est ce qu’on appelle le job sharing, soit un poste où le taux d’occupation est divisé à parts égales entre deux collègues.

Lorsqu’un collaborateur obtient ce qu’il demande, il est heureux de donner en retour

Entre désir et réalité

Letizia di Benedetto Sjöström et Kathrin Scheuring Zittel travaillent de cette façon depuis sept ans au Service juridique de la Bâloise. La collaboration fonctionne à merveille.

Après deux ans de travail pour la Bâloise, Letizia di Benedetto Sjöström est tombée enceinte et en tant que mère, elle ne se voyait plus revenir au travail à temps plein. Elle avait pour idéal de travailler à temps partiel et de voir sa tâche réduite de moitié. Mais comment faire? Quel employeur allait accepter l’idée et qui allait prendre en charge l’autre moitié de son poste? De manière informelle, Letizia a eu vent d’une collègue du nom de Kathrin Scheuring Zittel qui pendulait chaque jour entre Bâle et Zurich et ne souhaitait plus faire ce trajet et qui, elle aussi, voulait ramener son temps de travail à 50 %. Quelle chance inouïe, n’est-ce pas? Pour ces femmes, certes, mais pas pour la Bâloise. L’entreprise n’avait encore jamais accepté de job sharing entre avocates et elle avait quelques réserves.

En tant que «pionnières», nous avons dû batailler ferme

«Le véritable travail de persuasion a commencé lorsque Kathrin et moi avons décidé, en privé, de cette répartition. Au départ, les arguments contre paraissaient solides, se rappelle Letizia. Comment peut-on conférer à deux personnes les mêmes responsabilités et la même valeur de représentation pour exercer un seul job? Surtout si elles n’ont pas les mêmes horaires de travail. Qui assurera la coordination et qu’arrivera-t-il si l’une d’elles s’absente pour cause de maladie? Qui prendra le relais?» Kathrin ajoute: «Nous devions avoir un plan en béton.» Elles avaient prévu qu’une serait au bureau le lundi et le mardi et l’autre, le jeudi et le vendredi. Le mercredi, elles voulaient y être toutes deux pour échanger des informations. «Pour les congés de maladie ou les vacances, nous avions convenu d’emblée qu’il nous appartenait de trouver une solution.» Kathrin s’en souvient comme si c’était hier. «Nous avons toutes les deux des enfants et nous dépendons des périodes de vacances. Nous devons sans cesse trouver des compromis et prendre la relève si l’autre manque à l’appel. Nous n’avons pas droit à l’erreur.»

Des collègues devenues amies

À l’évidence, leurs arguments ont à ce point été convaincants que leur ancien supérieur a approuvé leur projet. «Nous lui en sommes toujours extrêmement reconnaissantes, affirme Letizia. Le travail a cimenté notre amitié, ce qui, à mon avis, contribue à notre force et à notre fiabilité. Si Kathrin m’appelle en privé du bureau, je ne me dis pas – Ah non, pas encore du travail –. Au contraire, je suis ravie de voir son nom sur l’afficheur et de pouvoir l’aider.» «L’inverse est aussi vrai, confirme Kathrin. Le droit n’est pas une science exacte. Il peut y avoir plusieurs interprétations du même cas. Je trouve toujours utile de demander l’avis de Letizia.»

Le travail a cimenté notre amitié, ce qui, à mon avis, contribue à notre force et à notre fiabilité.

Le job sharing, dans la vie privée aussi

Il arrive bien entendu que les rendez-vous professionnels de Letizia ou Kathrin dépassent le temps prévu. Elles peuvent alors également compter l’une sur l’autre. «Il m’est arrivé, dit Letizia, de demander à Kathrin de s’occuper de mes enfants parce que je ne pouvais pas aller les chercher à temps. Et elle l’a fait.» Les rires fusent dans la pièce. On voit la grande complicité qui les unit et les rend invulnérables. Elles ont une attitude constructive, laissent leur ego de côté, s’épaulent et apprécient leur flexibilité. «Nous allons de l’avant parce que nous sommes conscientes de ce que nous avons, ajoute Kathrin avec conviction. Nous pouvons travailler à temps partiel selon nos attentes, dans un domaine passionnant, nous renforçons la cohésion au travail grâce à notre amitié et nous en sommes extrêmement reconnaissantes. Je crois que cette atmosphère géniale fait de nous les collaboratrices les plus loyales qui soient. Lorsqu’un collaborateur obtient ce qu’il demande, il est heureux de donner en retour. C’est du gagnant-gagnant!»

Stefan Thomann, responsable Service juridique Suisse

«Grâce à leur flexibilité et à leurs acquis, à leur engagement exceptionnel et à leur loyauté envers leur employeur, Letizia et Kathrin ont clairement montré que le modèle du «job sharing» est possible, même pour des emplois hautement qualifiés. Au Service juridique et fiscal, nous sommes persuadés qu’un employeur moderne doit s’ouvrir aux modèles de travail flexibles et que c’est ainsi que la Bâloise pourra retenir des personnes expérimentées et qualifiées comme Kathrin et Letizia, à la fois juristes et mamans.»

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